Il était une forêt : l’art de vivre immobile des siècles

Luc Jacquet, réalisateur de la Marche de l’Empereur, nous fait voyager dans les profondeurs des forêts tropicales. Sur l’idée originale de Francis Hallé, botaniste, fasciné par la vie des arbres centenaires, Il était une forêt nous plonge, via des travellings ascensionnels, de l’humus à la canopée. Le botaniste nous dévoile ses fascinations pour l’arbre Moabi, le palmier panier ou encore le figuier étrangleur.
Après une introduction sur les désastres dus à la déforestation, le film laisse place à une immersion dans l’antre des poumons verts de la planète, à travers l’explication du mécanisme du vivant.
Même si tout semble en apparence immobile, il n’en n’est rien. La forêt pionnière (premier stade de colonisation du milieu) laisse place à la forêt secondaire (régénération naturelle de la forêt) qui aura besoin de plusieurs siècles pour renaître  si l’homme la laisse tranquille.
A l’image des hommes, les arbres développent des qualités de communication avec leurs congénères. On y apprend que les arbres et les fleurs, à l’approche d’un animal désireux de manger leurs feuilles, les rendent volontairement amers et toxiques. Dans le même temps, ils envoient des signaux à leurs voisins pour les prévenir du danger imminent. Le prédateur, n’a plus qu’à aller trouver sa nourriture ailleurs. Par un jeu d’attaques et de contre-attaques, les plantes et les insectes se livrent un combat sans merci. Las de voir les chenilles grignoter leurs feuilles, les fleurs ont appris avec le temps à se défendre.
Pour s’exprimer, les arbres libèrent des parfums pour charmer leurs partenaires et laissent volontiers tomber leurs graines, pour que les animaux affamés leur permettent de transporter leur progéniture plus loin.
Dans les forêts, la lumière organise l’architecture du lieu si bien que la canopée et le sous-bois ne se rencontrent que très rarement. Parfois en réalité, lorsque les arbres se livrent un combat tronc à tronc pour se garder une place aux premières loges du soleil.
Le souterrain de la forêt tropicale est aussi vaste que la partie émergée. La vie en sous-sol laisse entrevoir les milliers de flux nutritifs. Et quand l’eau se fait rare, les arbres demandent aux nuages un peu de leur aide.
C’est par le mouvement de feuilles d’images de synthèses (un peu trop peut-être) que les explications prennent sens en mettant en scène l’épanouissement du végétal à vitesse grand V.
Un écueil : nous apprenons seulement, lors du générique de fin, que le film a été tourné en octobre 2012 au Gabon et au Pérou. Bien que centré pour grande partie sur le botaniste, Il était une forêt nous apprend une multitude de choses de la vie en forêt grâce à des explications concises.
« Naturellement » Vert en Ville vous le conseille.

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« Il y a plus dans les forêts que dans les livres » Saint Bernard
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