Permis de végétaliser délivré ? C’est bon, vous pouvez planter !

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En juillet 2014, la ville de Paris lança l’opération « Du vert près de chez moi ». L’enjeu ? Les parisiens ont pu signaler les lieux qu’ils souhaitaient voir verdir (jardinière, mur végétal, arbuste, mobilier urbain, espaces délaissés). Autant de touche rurale pour agrémenter la ville Lumière. Au total, 1500 propositions ont été soumises démontrant les fortes attentes des citoyens en matière de végétalisation. Les réalisations sont en cours de création par les équipes techniques de la ville.
Présentée au Conseil de Paris le 29 et 30 juin dernier (il est toujours intéressant de lire les délibérations municipales votées en vue des actions qui seront menées par la suite), une nouvelle opération voit le jour : le permis de végétaliser. Le principe est quasi le même que l’initiative précédente à la différence que l’écolo-parisien sera directement l’acteur-planteur de cette végétalisation.
Quels types de verdissement ? Jardinières, pieds d’arbres, plantes grimpantes sur mur, potelets de rue : autant de bouts de ville qui peuvent accueillir une future touche verte pour, ici aussi, embellir nos rues unicolores et parfois monotones. A Bordeaux, l’initiative est déjà enclenchée.
Ces projets green étant sur la voie publique, ils requièrent une autorisation préalable de la ville de Paris. Comment faire ? Simple & rapide, en quelques clics. La démarche nécessite le dépôt du projet en ligne. La faisabilité technique sera étudiée par les services de la ville qui se prononceront sous un mois. Ensuite, le permis de végétaliser est délivré au futur jardinier pour une durée de 3 ans, renouvelable tacitement, ainsi qu’une autorisation d’occupation temporaire de l’espace public. Une signature sur la charte de végétalisation sera également demandée.

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Cette dernière vous engage à utiliser des plantes locales et mellifères (qui produisent du nectar). Oui, car les abeilles participent à la vie de la nature. Elles font partie de la chaîne alimentaire. Sans abeilles ? Plus de fruits, ni de plantes servant de subsistance à l’Homme. C’est grâce à la pollinisation des fleurs par les abeilles que la terre nous offre ses fruits et nous rendent ce service écologique si important. Le cannabis, les plantes urticantes et invasives ne figurent pas sur la liste des végétaux autorisés…La ville de Paris liste les arbustes, les graminées, les vivaces et les plantes pour l’agriculture urbaine que vous pouvez utiliser.
Le jardinier doit s’engager que ses plantations n’envahissent pas le trottoir et ne gênent le passage des piétons. Il assure en outre la propreté de son « bout de terre ». Pesticides interdits ! Bien s’en occuper, ne pas le laisser flétrir. Un brin de rigueur est exigé.
Ca y est tout est prêt. Enfin presque. La ville de Paris offre un kit de plantation comprenant de la terre végétale et des graines. Avant la plantation, pour ceux qui le désirent, des conseils sont proposés par la Maison du jardinage du parc de Bercy pour des recommandations personnalisées.
« Avec ce permis, nous permettons aux Parisiens de participer au changement de modèle urbain pour un Paris plus végétal, à l’embellissement et à l’amélioration du cadre de vie, au pied de leur domicile ou de leur travail. Au-delà de favoriser la nature et la biodiversité en ville, ce permis contribuera aussi  à créer du lien social en renforçant les échanges avec les autres, notamment ses voisins », explique Pénélope Komitès, adjointe à la mairie de Paris en charge des espaces verts.
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Aujourd’hui encore, la végétalisation de nos villes est l’œuvre des services techniques municipaux et des associations qui réalisent un travail admirable. Demain, l’objectif est plus large : créer un dispositif innovant, accélérer ce mouvement naissant et concret enracinant la place de la nature dans la ville, en s’appuyant sur la fédération de nombreux et nouveaux acteurs : habitants, conseils de quartiers, associations et commerçants.
Dans un contexte préoccupant en matière de pollution de l’air et de risque sur la santé, quoi de mieux que de (se) créer un espace de végétation ? Ses qualités biologiques sont prouvées : détente, bien-être sur la santé, meilleur oxygène, réduction sonore, isolation thermique. Certes, ce n’est pas une plante accrochée à un potelet de rue qui réduira la pollution mais mis bout à bout, potelet par potelet, jardinière par jardinière, pied d’arbres par pied d‘arbres, la différence peut se voir, mieux, se sentir : le parfum dégagé par les végétaux masque les odeurs nauséabondes des gaz d’échappement de la circulation automobile.
Les villes sont un formidable terrain de jeux pour créer ce lien, intime, qui nous lie à la terre. Alors plantons ! Jardinons ! Espérons seulement que certains blaireaux ne viennent perturber les fleurs et autres tomates fraîchement plantées en les maltraitant, les arrachant, en jetant leur mégot ou en piss*** dedans, pire, en les volant, mais qu’ils soient, au contraire, admiratifs du travail effectué par les néophytes du terreau et du râteau.
La mairie de Paris affiche l’ambition de 100 hectares de toits, murs et façades végétalisés d’ici 2020, dont un tiers consacré à l’agriculture urbaine. Rendons ce défi possible ! Alors tous à vos (nos) outils et faisons de ces initiatives personnelles un changement des usages de l’espace public.
« Une mauvaise herbe est une plante dont on n’a pas encore trouvé les vertus » Ralph Waldo Emerson (philosophe et poète américain)
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