Le trajet s’entame par la station de La Défense, devant la Grande Arche de 110 mètres de hauteur.
C’est une dense forêt de tours, non d’ivoire mais de verre et d’acier. Aux vitres des présidents-directeurs.
Même axe, j’accède à l’esplanade de La Défense. Sur sa statue, l’œil levé en calme promenade.
Se dessinent d’épaisses dalles, à cheval entre Puteaux, Courbevoie et la RD 913 en rocade.
Traversée de la Seine par le pont de Neuilly sa mère ! Pour la boire, il faut être marteau !
Une brève discussion avec des inconnus d’Auteuil et de Passy, c’est pas du gâteau !
Dans le mouvant de la station déserte Les Sablons, je surnage, pas de regard accusateur.
Le Jardin d’acclimatation, la sérénité du Bois de Boulogne, j’observe les cygnes du Lac Supérieur.
J’atteins l’échangeur Maillot. Un bain de foule et de corps, je suffoque, grognon, je m’emporte.
Palais des Congrès, entre le 16e et le 17e, le métro est blindé, semblable à sa porte.
À Argentine, une jolie jeune femme cheveux tirés en arrière m’invite à danser un tango non négociable.
Originaire de Buenos Aires, elle m’envoûte, quel sublime moment de grâce inoubliable !
En débarquant à Charles de Gaulle – Étoile, je rencontre un camarade du primaire devenu caporal.
C’était son rêve enfant. Son métier lui en donne plein les yeux. Son ambition ? Gradé général.
Unis comme les cinq doigts de la main, jabotent Bizet, Brassens, Pompidou, Marchais et Feydeau.
Sur la mienne, je compte de 1 à George V, roi du Royaume-Uni, contiguïté au cabaret du Lido.
Gouverneur de l’État de New York, Franklin D. Roosevelt est listé 32e président des États-Unis d’Amérique.
D’origine néerlandaise, instigateur du New Deal durant les années trente et la crise économique.
À Champs-Élysées – Clemenceau, je croise un homme déguisé en tigre. Attitude déstabilisante et style douteux.
Par chance, il me laisse tranquille ; mon voisin de siège aussi, Didier, un footeux.
Tel un éclair, arrêt plus que rapide à la station Concorde, le conducteur ne traîne pas.
À la vitesse de la lumière, nous étions déjà à la suivante. Comme un fou, il pila.
C’est le somptueux palais des Tuileries, ancienne manufacture de tuiles, agrémenté de son fleuri jardin.
Le Jeu de Paume en complicité, certains Italiens débattent, parlent avec les mains.
Palais Royal – Musée du Louvre, je discerne La Joconde et La Vénus de Milo qui, elle, se délecte d’un marbré.
Les deux jeunes femmes conversent sous la pyramide aux 673 plaques de verres arborées.
Louvre – Rivoli, 1190, château érigé par Philippe II Auguste, arcades et rue effilée de trois kilomètres.
De luxueux hôtels aux beaux lits drapés et aux ravissants balcons forgés devant les fenêtres.
Édifié par Louis VI le Gros, roi des Francs, je gagne la forteresse du Châtelet. Étonnant car de chat, il n’y en a pas un.
Très curieux car ce sous-sol urbain se localise à la croisée des RER et de cinq lignes du métro parisien.
Contemplation un instant de l’Hôtel de Ville. Malgré sa beauté, en récompense il n’a d’étoile.
Maison aux Piliers non loin du BHV, lieu de gouvernance parisienne, un large parvis se dévoile.
Saint-Paul sous-titré Le Marais, référence à plusieurs saints, bienheureux catholiques ou orthodoxes.
Ici, en lien avec l’église Saint-Paul-Saint-Louis, dite des-Champs, attention au paradoxe.
14 juillet 1789, prise de la Bastille, la révolution est en marche tout comme les multiples escalators.
Fureur et liesse dans la partie aérienne de la station, on y admire des fresques en céramique multicolores.
À Gare de Lyon, adossé au beffroi, j’aperçois le Père Ache. Il fait, bien sûr, la part belle à Dieu.
En montant dans ses trains, de touchants « Au revoir » ou de potentiels déchirants adieux.
De la passerelle BZ/12, la vue est imprenable sur le jardin de Reuilly, c’est exaltant !
À mes côtés une religieuse aux bijoux indiscrets, amie de Diderot, s’en émerveille tout autant.
J’approche bientôt du but, pour l’heure, halte à Nation, pas question de tourner les talons.
Le Triomphe de la République trône orgueilleusement sur la place des Antilles, c’est selon.
Je rentre via la porte de Vincennes de l’enceinte fortifiée. « Toc toc toc ! » Fermée, pire, cadenassée.
On me chuchote : « Qui va là ? » Je réponds : « L’ami des animaux ». Autorisé à passer.
À Saint-Mandé, une dispute éclate entre le saint abbé breton et une Normande.
La discorde ? L’appartenance du Mont-Saint-Michel. Je voulais calmer le jeu, ils m’enguirlandent.
Nous sommes proches de la fin. Je songe au petit apéro, bistro du coin, jouant une courte partie de tarot.
Je l’ai mérité, parcours quelque peu intensif. Famille de vignerons, me voici désormais à Bérault.
Terminus au château de Vincennes. En Europe, l’une des plus culminantes forteresses médiévales.
Arrivé à destination ! Je grimpe en haut du donjon de 50 mètres m’émerveiller de Paris, ma capitale.
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© M.P.