LIGNE 13

Campé sur le quai de la ligne 13, le métro va s’élancer de l’altoséquanais département.

Station Châtillon – Montrouge, en limite de quatre collectivités, Malakoff et Bagneux également.

Dans la première ville, un petit château y était construit. En revanche, mon ignorance est totale sur son emplacement.

Le cimetière de Bagneux est la propriété de la villede Paris extra-muros. Barbara y repose éternellement.

Concernant la seconde, la toponymie viendraitde la couleur rougeâtre du sol.Le carillon bientôt va sonner, espèce de cloche !

Sur la colline de Malakoff, je suis installé en terrasse. Quel bonheur, le soleil accompagne mon café-brioche.

Imprimeur, philologue et poète, je bataille un strapontin avec Étienne Dolet, je m’y accroche.

Une impression qu’il veut en découdre, je préfère le dialogue à la bagarre lui dis-je. Il se rue sur moi et en arrache ma sacoche.

La place du 11-Novembre est celle de la mairie de Malakoff. Bon point, elle est interdite aux autos et aux motos.

Marguerite Duras vécut à Vanves. La commune abrite le lycée Michelet. Autrefois, c’était un château.

De Paris, j’imagine que ses étudiants descendent plus à Corentin Celton (vu sur la ligne 12) qu’au Plateau.

Impatient, Vercingétorix, chef gaulois des Arvernes, balaie devant la porte de Vanves illico presto.

Un différend houleux l’oppose à Jules. Le lieu de la joute ?

Le parc Georges-Brassens, de Vaugirard les anciens abattoirs.

Par le passé, au hameau de Plaisance, nous festoyionsdans des guinguettes, ces lieux d’aisances, de plaisirs connus et fort notoires.

Joseph-Marie de Pernety est en ovation place de Séoul.Il conte devant public ses exploits de guerre et ses victoires.

La gaîté laisse place au recueillement dans les artères du cimetière du Montparnasse, oxymore et ville-dortoir.

Splendeur de la cité de Delphes perchée sur le mont Parnasse, je converse avec Fulgence Bienvenüe.

Nous devinons, assises dans les gradins du théâtre, les neuf muses, filles de Zeus, en légère tenue.

La sonnerie retentit, Duroc veut monter en rame. D’une main bloque la porte, il met le métro en retard, c’est débile et malvenu !

Il a son nom sur le pilier est de l’Arc de Triomphe. Il sera blessé lors de la campagne d’Italie, personnage reconnu.

Quieto ! Saint François-Xavier exige silence en son église des Missions étrangères, la foule s’accroît.

L’hidalgo relate ses missions aux Indes. Ses fidèles viennent de France et de Navarre de surcroît.

À Varenne, le jésuite espagnol donne la prière mais file pour une visite du musée Rodin avec en poche un passe-droit.

Même après recherches, difficile d’en connaître son origine : que nenni la fuite du roi !

Vue dégagée sur le dôme des Invalides et de son lanternon d’or. Quel bel édifice triomphant !

On file au musée ce matin ? Celui de l’Armée, des Plans-reliefs ou celui d’Air France ? Ce dernier est décoiffant !

S’ensuit une douce échappée dans les jardins des Champs-Élysées conçus par Adolphe Alphand.

En mythologie grecque, les âmes vertueuses sont en repos après la mort. Des Enfers en sont locataires.

Viscérale curiosité : Palais de la découverte, Petit et Grand Palais. Tarifs réduits pour les enfants.

Georges Clemenceau remonte la plus belle avenue du monde d’un pas sec et autoritaire.

En vain, le premier flic de France tente de contenirla colère des grévistes miniers contestataires.

Miromesnil a la tête plongée dans son ordonnance sur l’abolition de la torture, il en relit ses ultimes commentaires.

Le piano fait résonner quelques notes. Je pénètre dans la gare Saint-Lazare puis dans la salle des pas perdus.

Lui semble totalement paumé. Jean-Claude Dusse est planté face au panneau « Départ » en combinaison de ski inattendue.

Tous à vélo ! Liège-Bastogne-Liège délocalisée capitale. Bouchon, tête dans le guidon, roue voilée voire tordue.

Face à l’Empire allemand, la station aux fresques célèbre la résistance de la Cité Ardente défendue.

En 1974, la place de Clichy est citée par Michel Polnareff dans Rosy pour une relation intime et très câline.

En 2005, Julien Clerc en fera une chanson sur la pluie froide et fine.

Bifurcation vers l’ouest, celle de Clichy, vers l’est, celle de Saint-Ouen. Le métro se scinde en deux et un Y se dessine.

Entre les deux dents de la fourche s’élève l’église Saint-Michel-des-Batignolles à l’allure néo-byzantine.

Vu du ciel, les rues forment un triangle équilatéral. Bâbord ou tribord ? Allez, côté gauche envisagé.

En promenade, je fixe un héron perché sur le lac du parc Martin-Luther-King en ferroviaire aménagé.

Il est agencé en respectant les thèmes des saisons, du sport et de l’eau. Aussi Perlimpinpin, le nom d’un jardin partagé.

En pleine réflexion, André Brochant de Villiers écrit Traité élémentaire de minéralogie sur un banc ombragé.

Dans l’ordre : les Maréchaux, le boulevard de Douaumont (comme son fort) et enfin le périphérique.

Enceinte de Thiers, la porte de Clichy est désormais derrière nous, le théâtre Rutebeuf dispose d’une programmation éclectique.

Sortie Mairie de Clichy, déambulation végétale dansle jardin Roger-Salengro de style romantique.

Des administrés, des curieux, des amoureux de la nature patientent. Le maire s’improvise guide touristique.

Pont de Clichy, il sait la fin proche, Gabriel Péri termine son autobiographie d’une confession touchante.

Son titre ? Les Lendemains qui chantent. Il était membre du PCF, les vagues de la Seine sont clapotantes.

Métro Les Agnettes, une blondinette taille crevette, couettes et fossettes, yeux en paillettes, elle chante.

La promesse de sa mère ? Une journée patinage en récompense aux devoirs effectués. Quelle offre alléchante !

Fin de la branche nord-ouest dans le quartier des Courtilles à cheval entre Asnières-sur-Seine et Gennevilliers.

Gustave Caillebotte vécut dans cette dernière. Aujourd’hui, il met en peinture les ânes du stade Léo-Lagrange utilisé en enclos animalier.

Dans la station, une voix récite la lettre d’adieu de Guy Môquet. Les spectateurs émus sont installés dans les escaliers.

Militant communiste (avec son camarade de la ligne 10 Charles Michels) et petite tête d’écolier.

Point de station à son nom, mais je veux connaître le parcours de Xavier Bichat, le pathologiste.

Porte de Saint-Ouen, secret sur sa vie, je tente de lui tirer les vers du (boulevard) Ney, il était aussi physiologiste.

Saint-Ouen, palabre avec Giuseppe Garibaldi. Ses détracteurs sont antirépublicains et antisocialistes.

Surnommé le héros des Deux Mondes, de l’unification de l’Italie il en est un instrumentaliste.

Place de la République, saint Ouen, évêque de Rouen, grimpe les marches de la mairie.

En Normandie, a-t-il connu Jeanne d’Arc ? Elle entend des voix. Délire, névrose ou simple hystérie ?

Au milieu du carrefour, au pied de la tour, Ignace Pleyel lâche ses notes. Public rime avec euphorie.

Compositeur autrichien, il fonda une fabrique de pianos et une maison d’édition musicale à Paris.

Saint-Denis – Porte de Paris, pleine lucarne sur le Stade de France aux variés événements sportifs.

Inauguration en 1998 lors de la Coupe du Monde de football. Son toit en anneau de Saturne est inventif.

Le 12 juillet 1998 : Et 1 et 2 et 3-0, match France-Brésil. Symbiose nationale et bonheur collectif.

La basilique de Saint-Denis a vu Mérovingiens, Carolingiens et Capétiens s’enchaîner en règne successif.

Nécropole gothique, voisine de l’hôtel de ville. De sa sublime façade, les touristes s’en exclament.

Blason du Royaume de France : D’azur semé de fleurs de lys d’or, le martyr le proclame.

À l’université de Saint-Denis, Grand Corps Malade a rendez-vous ce matin pour un cours de slam.

À peine arrivé que ses étudiants du jour, chaleureusement, l’applaudissent et l’acclament.

© M.P.